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La construction sans obstacle en chiffres

Combien coûte la construction sans obstacle? Quand est-il économiquement supportable d’adapter un bâtiment ultérieurement? Combien coûte une rampe, une place de parc pour fauteuil roulant, un monte-escalier? Les réponses données par l’étude de l’EPFZ pour le Fonds National sont aussi surprenantes que réjouissantes: dans la plupart des cas, non seulement la construction sans obstacle est acceptable sur le plan économique, mais elle vaut la peine d’être réalisée!

 

Lorsque des bâtiments de grande taille sont conçus dès le début sans obstacle, les surcoûts sont minimes. Et même dans les projets plus modestes, un tel mode de construction rend le bâtiment plus confortable et plus fonctionnel. Par contre, supprimer les obstacles après coup dans des bâtiments existants, revient nettement plus cher.

 

Dans les immeubles d’habitation, il est recommandé d’établir les plans des appartements de telle manière qu’ils puissent être légèrement adaptés en cas de besoin.

 

Ce que coûte la construction sans obstacle dans les bâtiments neufs

Un bâtiment neuf conçu dès le début sans obstacle ne coûte en moyenne que 1,8 pour cent de la somme totale. Dans le détail, les montants peuvent varier fortement: dans les petits bâtiments ouverts au public (somme inférieure à deux millions de francs), les surcoûts peuvent atteindre 3,5 pour cent, tandis que dans les réalisations importantes (somme totale supérieure à cinq millions), ils tombent au-dessous d’un demi pour cent.


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Indispensable de s’y prendre tôt

Le plus avantageux consiste dès le début des études de projet, à concevoir les bâtiments sans obstacle afin qu’ils soient accessibles à tous. Ce qui n’est pas coûteux car cela revient en moyenne à 1,8 pour cent du prix total de la construction. Un tiers seulement consiste en mesures utiles uniquement à des personnes ayant un handicap, par exemple un monte-escalier. Quant au reste - des ascenseurs ou des entrées commodes - tout le monde en profite.

Plus de frais dans les immeubles d’habitation

Dans les bâtiments publics et dans ceux où se trouvent des postes de travail, un seul ascenseur dessert généralement une large superficie et il suffit d’avoir une seule toilette sans obstacle. Il en va autrement dans les immeubles: un ascenseur n’y dessert que deux ou trois appartements par étage et des installations spéciales telles que douches de plain pied ou seuils de balcon peu élevés y sont nécessaires en plus grande quantité. C’est ce qui rend la construction sans obstacle relativement chère dans les immeubles d’habitation.

Plus le bâtiment est grand, plus il est avantageux

La construction adaptée grève à peine les édifices de grande taille: dans les bâtiments publics coûtant plus de cinq millions de francs, les surcoûts s’élèvent tout au plus à un demi pour cent de la somme totale. Et à partir de 15 millions de francs, ils sont même inférieurs à 0,15 pour cent des frais de construction. En revanche, dans les petits bâtiments publics dont la valeur est inférieure à deux millions de francs, la construction sans obstacle est un peu plus chère et il faut compter 3,5 pour cent de frais supplémentaires.

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Conception de plans sans obstacle = surcoûts minimes: dans cet ensemble immobilier de Zurich-Oerlikon, les 126 logements sont tous construits sans obstacle. Le prix? Un pour cent du montant total!

 

 

Ce que coûte la construction sans obstacle lors de rénovations

Les adaptations réalisées ultérieurement le sont toujours pour des raisons individuelles, mais dans la plupart des cas, il existe des solutions rationnelles et peu onéreuses. Les personnes atteintes d’un handicap ne peuvent attendre que tous les bâtiments de Suisse soient rénovés et rendus accessibles. Il est également nécessaire de faire disparaître les barrières dans les immeubles existants, en d’autres termes, adapter aux personnes handicapées la plus grande quantité possible de bâtiments.

 

La suppression des obstacles lors de la rénovation d’un bâtiment entraîne en moyenne des coûts s’élevant à 3,5 pour cent de sa valeur. Dans ce cas également, le montant des frais dépend largement de la taille et du genre du bâtiment.



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Le cas des rez-de-chaussée surélevés

Les adaptations exécutées ultérieurement sont relativement chères dans les petites constructions: pour rendre accessibles des bâtiments fréquentés par le public (dont le prix est inférieur à un demi million de francs) , des surcoûts pouvant s’élever en moyenne jusqu’à 15 pour cent de la valeur totale sont nécessaires. Les maisons où se trouve un magasin ou un restaurant situé au rez-de-chaussée surélevé sont des exemples typiques de cette catégorie; pour les rendre accessibles aux fauteuils roulants, il faut y installer un monte-escalier. Dans les bâtiments de grande taille (valeur supérieure à 15 millions de francs), les frais supplémentaires tombent à moins d’un pour cent, ces immeubles disposant en effet, la plupart du temps, d’un ascenseur avant leur rénovation.

 

Les coûts des travaux d’adaptation peuvent sembler individuellement assez élevés, mais si on les compare avec la valeur totale du bâtiment, leur montant est relatif: dans plus de la moitié des cas, ils sont inférieurs à cinq pour cent de la valeur de l’assurance immobilière.

Les adaptations ultérieures sont onéreuses

Les frais sont un peu plus élevés lorsqu’il s’agit de corriger ultérieurement d’anciennes "erreurs” et de supprimer des barrières existantes. Dans ce cas, les coûts dépendent largement de la substance et de la taille du bâtiment. Le montant moyen de 3,6 pour cent de la valeur du bâtiment pour des travaux d’adaptation prouvent toutefois que, dans la plupart des cas, de tels aménagements peuvent être réalisés dans le cadre de la "proportionnalité économique”. La loi (LHand) en fixe la limite à 5 pour cent de la valeur d’assurance du bâtiment. Si dès le début, les plans avaient été conçus sans aucun obstacle, les frais n’auraient été majorés en moyenne que d’environ 1,8 pour cent, alors que supprimer les obstacles après coup revient à près de deux fois et demie plus cher.



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Accès sans barrière au restaurant: la plate-forme élévatrice et le WC pour fauteuil roulant ont coûté cinq pour cent de la totalité des frais de rénovation.

 

 

Que coûtent les diverses mesures d’adaptation?

L’étude du Fonds National a calculé les coûts moyens de mesures courantes pour la construction sans obstacle:

Ligne de guidage pour handicapés de la vue, par mètre Fr. 50.--
 
Place de parc pour handicapés, non couverte Fr. 5'000.--
 
Place de parc pour handicapés, couverte Fr. 15'000.--
 
Rampe en acier, 5 mètres de long, avec main courante Fr. 7'600.--
 
Surface supplémentaire pour circuler en faut. roulant, par m2 Fr. 3'000.--
 
Elargissement d’une porte lors d’une rénovation Fr. 1'900.--
 
Porte à un battant, à ouverture automatique (bâtiment neuf) Fr. 4'000.--
 
Ascenseur sur trois étages (bâtiment neuf) Fr. 75'700.--
 
Ascenseur sur trois étages (rénovation) Fr. 101'700.--
 
Plate-forme élévatrice, levée 1,5 mètre Fr. 13'800.--
 
Monte-escalier sur un étage, volée droite Fr. 21'100.--
 
Monte-escalier sur un étage, deux volées Fr. 31'100.--
 
WC accessible en faut. roulant, intégré aux toilettes (bâtiment neuf) Fr. 4'200.--
 
WC séparé, accessible en fauteuil roulant (bâtiment neuf) Fr. 15'300.--
 

 

 

Confort, prévoyance et utilité: les bonnes raisons de la construction sans obstacle

Utile pour tous

On pense souvent, à propos de la "Construction sans obstacle” uniquement aux personnes avec un handicap. Rien n’est plus faux. Un environnement dépourvu de barrières et d’obstacles est utile à tous ceux et celles qui y vivent - indépendamment de toute diminution physique. En effet, deux tiers des mesures n’améliorent pas seulement l’accessibilité pour les handicapés, mais permettent l’utilisation rationnelle et confortable d’un bâtiment - et nous en bénéficions tous. Car un utilisateur de fauteuil roulant n’est pas le seul à profiter d’un rez-de-chaussée accessible sans marche, la livraison de marchandises, par exemple, est plus facile et meilleur marché, ce qui est tout à l’avantage de l’entreprise. Par ailleurs, certaines mesures ne sont utiles qu’aux personnes ayant un handicap - notamment des places de stationnement ou des toilettes adaptées aux handicapés; c’est ainsi que des ouvertures plus larges pour permettre le passage des fauteuils roulants représentent quatre pour cent seulement de la totalité des frais de la construction sans obstacle. Et les aides à la perception pour les malvoyants et les aveugles n’en constituent qu’un pour cent!

Economiquement supportable et profitable

Dans un bâtiment neuf, la construction sans obstacle est pratiquement toujours supportable du point de vue économique. En effet, lorsque le prix total dépasse cinq millions de francs, les surcoûts pour un mode de construction sans barrière sont inférieurs à un demi-pour cent. Et comme de tels bâtiments sont plus confortables et agréables, la dépense est pleinement justifiée.
Dans les immeubles d’habitation dont le coût total est situé entre 4 et 5 millions, la construction d’un ascenseur est rationnelle et supportable sur le plan économique. Les autres mesures, visant par exemple à aménager les appartements pour qu’ils soient accessibles aux visiteurs en fauteuil roulant, sont inférieures à un pour cent du coût total. Les architectes devraient concevoir les appartements neufs de manière qu’ils puissent accueillir des visiteurs en fauteuil roulant. Mieux encore, ces appartements devraient être prévus dès le début pour permettre le cas échéant leur adaptation aux besoins d’une personne handicapée et cela, sans travaux importants. Les personnes atteintes d’un handicap l’âge venu ou à la suite d’un accident, peuvent ainsi rester chez elles. Cette conception architecturale prévoyante ne coûte par ailleurs pas un sou - et contribue à économiser des frais de transformation ainsi que des places d’accueil en foyer!

Pratique et confortable

L’accessibilité sans marches des bâtiments: ascenseurs, élévateurs ou rampes, constitue en moyenne 78 pour cent des coûts de la construction sans obstacle, dont tout le monde profite. Une rampe devant le bureau de poste est utile, en effet, non seulement aux utilisateurs de fauteuil roulant, mais aux parents avec une voiture d’enfant ou aux retraités qui ont besoin d’une aide à la marche. Quant à l’ascenseur, nous saurons l’apprécier lorsque nous devrons déménager…
Une bonne accessibilité est synonyme d’un confort accru, d’une meilleure possibilité de louer et augmente la valeur d’un bien immobilier. Le propriétaire bénéficie donc d’un revenu plus élevé au regard des frais supplémentaires.

Ouvert sur l’avenir et durable

La crainte que les coûts de la construction sans obstacle soient une charge pour notre économie est pratiquement omniprésente. Et pourtant, c’est le contraire qui est vrai!
Depuis le début 2004, c’est la Loi sur l’égalité des handicapés (LHand) qui régit la construction sans obstacle en Suisse. Elle prescrit que les immeubles de plus de huit logements, les bâtiments comportant plus de 50 postes de travail et ceux qui sont ouverts au public, doivent être dépourvus de tout obstacle. Les coûts supplémentaires qui en résultent seront de 210 millions au maximum pour les bâtiments neufs et de 250 millions de francs au plus pour les transformations et rénovations. A première vue, ces chiffres peuvent paraître élevés.Ils sont pourtant nettement inférieurs à un pour cent des 30 milliards de francs.du volume annuel du bâtiment. Ou en d’autres termes, 60 francs par personne et par an investis dans un mode de construction sans obstacle, confortable et orienté vers l’avenir constituent à tous points de vue un facteur positif pour notre économie. Et si l’on considère que de plus en plus de personnes âgées veulent vivre autonomes malgré leurs limitations physiques, alors la construction sans obstacle est doublement importante.
En outre, aux Etats-Unis, la loi exige depuis 1990 que la construction soit toujours sans obstacle, ce qui n’a nui en aucune façon à l’essor économique des années quatre-vingt dix.




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Programme de recherche "Construction adaptée aux handicapés" (n'existe qu'en version allemande)

L’étude "Construction adaptée aux handicapés - Processus de planification et problèmes de réalisation” a été réalisée de manière interdisciplinaire dans le cadre du Projet 45 du Fonds National "Problèmes de l’Etat social”. Elle est constituée de deux parties:

 

"Faisabilité technique et financière” (Partie A)

EPF de Zurich, chaire d’architecture et de travaux pratiques de construction
Prof. Paul Meyer-Meierling, arch. dipl. EPFZ/SIA, Manfred Huber, arch.dipl. EPFZ/SIA, Paul Curschellas, arch. dipl. FH SIA, Kurt Christen, arch. dipl. EPFZ/SIA, Denise Frei-Reichelt, arch. dipl. EPFZ.

 

"Causes psychiques du non respect des besoins des personnes handicapées en matière de construction” (Partie B)

Centre suisse pour la construction adaptée aux handicapés,
Joe Manser, architecte, directeur

 

Coordination du projet et suivi technique

Schweizerische Fachstelle für behindertengerechtes Bauen,
Joe Manser, Architekt, Geschäftsführer

Désirez-vous le rapport de cette étude?

Résumé des deux rapports de cette étude (9 pages)

 

Partie A "Faisabilité technique et financière (env. 60 pages) Version PDF 952 KB, longue durée de téléchargement (en allemand)

 

Partie B "Causes psychiques du non respect des besoins des personnes handicapées en matière de construction” (env, 60 pages) Version PDF 596 KB, longue durée de téléchargement (en allemand)

 

Brochure ( 16 pages) Version PDF 1,3 MB, longue durée de téléchargement (en allemand)

 

La brochure peut également être commandée, sous forme imprimée, auprès du Centre suisse pour la construction adaptée aux handicapés, téléphone 01 299 97 97 ou courriel info@construction-adaptee.ch